Les usagers d’Autolib’ regrettent la fin du service

C’est le dernier jour pour utiliser une voiture Autolib’ en Île-de-France. Mardi 31 juillet, le service prendra fin après sept ans d’existence et près de 150 000 abonnés. La décision avait été annoncée fin juin par le groupe Bolloré, gestionnaire d’Autolib’. La dette du service s’élève à plus de 293 millions d’euros.

Tout au long du mois de juillet, la qualité du service s’est dégradée : les voitures électriques partagées étaient à l’arrêt dans beaucoup d’arrondissements parisiens et de communes franciliennes, en raison de la résiliation du contrat entre le syndicat mixte et le groupe Bolloré.

« Ma femme s’en servait tous les jours et moi le week-end pour rentrer avec les copains ou pour partir en soirée. Quand on allait en banlieue, c’était hyper pratique », témoigne Samuel, qui vit dans le quartier de Ménilmontant. Face à lui : une ancienne station avec des bornes de recharge électrique taggées et des câbles arrachés. « On sortait de la maison, il y avait une voiture à disposition et on pouvait rentrer d’une autre façon parce qu’on n’a plus envie ou on a bu ».

Aucune alternative satisfaisante

Pour Samuel, la fin d’Autolib’ signifie la nécessité de trouver d’autres moyens de déplacement. « On a acheté des vélos et on prend les transports en commun : on galère en RER, entassés avec les grèves », peste ce Parisien.

Agnès est caviste. Depuis sept ans, elle utilisait le service de voitures partagées pour approvisionner sa boutique. « Il n’y a rien pour remplacer Autolib’. Ça remet en cause mon fonctionnement économique. Autolib’ me permettait de ne pas faire trop de frais en mode de transports et du coup de ne pas surévaluer mes coûts », confie la commerçante.

C’est dommage que personne n’ait pu reprendre la gestion de ces Autolib’. Même abîmées ou cabossées, elles fonctionnaientAgnès, utilisatrice d’Autolib’à franceinfo

Plusieurs opérateurs sont sur les rangs pour reprendre le service. Mais rien n’est opérationnel pour le moment. Alors, une vingtaine de communes de la petite et grande couronne réfléchissent au retour d’Autolib’. « Le groupe Bolloré a plus de 3 000 voitures sur un parking. Il a des villes qui ont des stations. Il a un dispositif qui fonctionne bien », estime Philippe Brillault, le maire du Chesnay. « Et nous, on a les stationnements et les autorisations de voirie pour faire ce qu’on veut. Donc on voit qu’on est capable de ceinturer tout Paris avec ces voitures. On considère que cela fonctionne très bien, il n’y a aucune raison de lâcher prise », tranche l’élu.

Le collectif de maires attend une réponse du groupe Bolloré à la fin août. Deux recours en justice ont également été déposés.

Demain, l’Autolib’, c’est fini. Thibault Lefèvre a recueilli la réaction des usagers parisiens.

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