« Les gars vont vers les plus offrants » : les mairies tentent d’attirer les policiers

De plus en plus convoités par des communes qui redoublent d’arguments pour les séduire, les policiers font monter les enchères. REPORTAGE

De plus en plus recherchés par les maires, les policiers municipaux font monter les enchères. Alors qu’en raison du faible nombre de concours de recrutements, par ailleurs très sélectifs, les personnels disponibles et qualifiés se font de plus en plus rare, près de 800 postes sont pourtant à pourvoir dans la seule région Île-de-France. Convoités par les élus, et conscient de l’importante demande, les policiers municipaux peuvent donc faire monter leur niveau d’exigence, tandis que les mairies, comme au Chesnay, dans les Yvelines, font valoir leurs arguments pour attirer les nouvelles recrues. 

Ainsi, les douze policiers municipaux du Chesnay travaillent dans un commissariat de 200 m², flambant neuf, avec une porte d’entrée blindée, le tout sous vidéosurveillance. Et bénéficient d’un équipement de premier ordre. « Pistolets automatiques 9mm, pistolets à impulsion électrique, lanceurs de balles de défense, aérosols lacrymogènes, matraques télescopiques, protections balistiques », décrit l’un des fonctionnaires. 

« C’est un peu un mercato »

Côté salaire, un policier qui débute reçoit 2.200 euros net par mois. Une paie à laquelle s’ajoute un logement de fonction dans les étages du bâtiment, pour seulement 400 euros mensuels. Des conditions intéressantes et qui donnent forcément des envies, selon Sébastien Levenez, chef de la police municipale. « C’est un peu un mercato », reconnaît-il auprès d’Europe 1, décrivant les demandes des policiers lors de leur premier entretien dans son bureau : « Combien je gagne ? Est ce qu’il y a un logement ? Des primes ? Des heures supplémentaires ? Des tickets restaurants ? ». « Les gars vont vers les plus offrants », constate-t-il. 

Ces mercenaires, Sébastien Levenez n’en veut pas. Il préfère travailler avec des hommes qui ont une vocation et qui ne risqueront pas de partir dans un autre commissariat pour une prime de 100 euros. De son côté, Philippe Brillault, maire du Chesnay, est également conscient qu’il doit tout faire pour conserver ses policiers. « Nous les élus, nous avons pris conscience qu’il fallait les bichonner », explique-t-il au micro d’Europe 1. « Donc on a donné des moyens, des véhicules, du matériel informatique. On a plus de moyens que la police nationale ». Et cet élu ne cache pas sa plus grande crainte, voir le chef de sa police municipale débauché par une autre ville qui mettrait le prix fort.

Par Victor Dhollande-Monnier , édité par Antoine Terrel

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